A télécharger gratuitement sur The Maybach Experience: MBOA TAPE VOLUME 1 !

Il y a presqu’un an jour pour jour, je publiais sur ce site un article intitulé « Tirer le Hip Hop Camerounais vers le haut« . J’avais envie, à l’époque, de me servir de l’étude de cas « JOVI » pour donner mon avis sur la direction que devrait prendre le Hip Hop camerounais à l’heure où celui du Nigeria voisin occupe massivement la scène (et les ondes, les dancefloors etc). L’article a eu des retours bien plus grands que je n’avais espéré et m’a permis de rencontrer puis travailler avec pas mal de gens, c’est la magie des internets voyez-vous.

Un an plus tard, je suis tentée d’écrire une suite, histoire de voir où nous en sommes. En matière de production, communication et distribution, est-ce que ça a évolué ? Ma réponse à cette question est loin d’être unilatérale, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a des réajustements. Notamment en matière de standards de qualité, ce qui est mon cheval de bataille personnel d’ailleurs. Je réfléchis encore à la rédaction d’une deuxième partie sur le sujet, mais en attendant, c’est avec un plaisir non-dissimulé que je vous présente la « MBOA TAPE« .

Qu’est-ce que c’est ?

Hé bien, en gros, il s’agit du 1er volume d’une mixtape qui a pour vocation de présenter la crème de la crème en matière de musique urbaine (Rap, R&B, Soul, Néo-Makossa..) camerounaise. Cette compilation est éditée par MBOA URBAN MUSIC, un site qui se positionne déjà comme le futur leader pour ce qui est de diffuser ce type de musique sur le web. Bon, je paraphrase, ce sera bien plus large que ça mais vous avez les grandes lignes.

Ayant reçu la mixtape il y a de cela trois semaines, j’ai eu le temps de l’écouter et la ré-écouter et ma question reste la même: POURQUOI ces chansons ne passent-elles pas de manière régulière sur les radios camerounaises ? Pourquoi doit-on SUBIR les bouffonneries grossières de rombières décapées qui ont soudainement développé une passion pour le Bikutsi ? Ou encore les niaiseries insipides d’anciens escrocs, reconvertis en chanteurs de makossa ? Chaque fois que je regarde et que j’écoute ces « artistes », je m’interroge toujours sur la capacité qu’ils ont à fournir autre chose que de la musique calibrées pour les bars de quartiers populaires, bref. Pourquoi donc cette nouvelle génération d’artistes accomplis reste-t-elle « underground » ? Il y a des tas d’explications..parmi lesquelles, l’ignorance du grand public, qui ne consomme que ce qu’on lui propose à portée de main. C’est le drame de l’industrie du disque, peu importe le pays/continent. Il y a donc plus que jamais nécessité à créer de nouveaux canaux de diffusions, qui soient adaptés mais très sélectifs dans ce qu’ils proposent. C’est pour ça que j’ai littéralement bondi en découvrant MBOA URBAN MUSIC. Il y a un véritable tri des artistes, du reggae à l’afropop en passant par une espèce de makossa électro. Je n’ai pas aimé toutes les chansons sur la mixtape, certains textes manquant parfois cruellement de « relief » ou certaines voix frôlant parfois dangereusement la fausse note.. mais dans l’ensemble, j’ai eu l’impression de voyager au coeur de différentes ambiances ayant le même fil conducteur. Les prods sont innovantes, aussi bien au niveau du sampling que des inspirations par rapport au Hip Hop (américain) actuel. Le mélange anglais/français/pidjin/duala a été savamment orchestré par ceux qui s’y sont essayés. Le tout est plutôt bien équilibré et se réécoute sans difficultés. Pour un premier volume, je trouve que l’introduction à l’univers de M.U.M. est pour le moins réussie.

Mes favoris:

« Bangando Star »: sûrement, mon titre préféré sur MBOA TAPE VOL 1. Ca m’a directement fait penser à « Alawubade » de Maknum, qui est assez similaire dans le côté « Rap U.S. à la sauce locale ». Mais autant j’avais été déçue par Maknum (trop copié-collé, instru et refrain plutôt bâclés), autant Zayox et ses acolytes ont fait du bon travail sur « Bangando Star« . Bon, je pourrais m’attarder sur quelques rimes un peu trop « basiques », mais ce serait chercher la petite bête.  J’ai surtout un énorme coup de coeur pour Edel Koulla qui est un peu la raison d’être de la chanson, grâce au refrain. J’ai été écouter ses autres collaborations, et la comparaison faite avec FUTURE tient vraiment la route: il SAIT comment poser et maîtrise bien le rap chanté. Autre point fort le concernant, il arrive à rendre la langue Duala « swag » comme disent les jeunes, ce n’est pas donné à tous les artistes.

– « I love this game« : Je suis la rappeuse 20Cent à bonne distance depuis deux ans environ, l’ayant découverte via Killamel. La prod’ d’ANG est parfaitement adaptée à son flow, si ce n’est l’inverse. Elle est incisive, mais juste ce qu’il faut et je sens une certaine maturité dans son écriture par rapport à ce que j’ai pu entendre d’elle auparavant..

– « Hein père » de Stanley Enow: pour ce titre, je ferai un post spécifique.

– « Va dire à tes potos« : une de belles découvertes de la mixtape. C’est assez technique dans la rime et les références, mais ça s’écoute (et se chantonne) facilement. Venum ne singe pas les rappeurs français contrairement à ce à quoi je m’attendais en voyant le titre de la chanson.

– « Jackpot« : L’égotrip de Dareal mettra sûrement certain(e)s mal à l’aise, mais personnellement, j’ai validé à la première écoute. Et le beat est assez SERIEUX je dois dire.

– « Mukwatta« : Alors… Déjà, je fais la révérence à Mr « Le Monstre » pour cette instru. Ce mix d’orgue et de percussions traditionnelles vient d’une autre planète. Quant au refrain, j’avais un air complètement incrédule en l’entendant pour la première fois… avant d’éclater de rire. Jovi a été très inspiré pour ce morceau, qui je trouve, a un univers bien particulier qui tranche avec toute la mixtape. Cela annonce de très belles choses pour son prochain album !

Vous pouvez télécharger gratuitement la Mboa Tape en cliquant ICI, et bien sûr, n’oubliez pas de visiter le site MBOA URBAN MUSIC, qui ouvre ses portes (virtuelles) aujourd’hui.