Life 109: L’Auto-Debriefing.

Posted on 28 octobre 2015 Under Boulot

J’attendais particulièrement de pouvoir recevoir et toucher ce numéro de mes propres mains.

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Chose qui peut sembler contradictoire puisque je l’ai lu et relu depuis sa conception jusqu’à son départ chez l’imprimeur, mais n’empêche. En le tenant, puis en lisant mon nom dans l’ours et  sous l’édito, j’ai été (honnêtement) un peu émue. Je sais que ça pourrait passer pour de l’autocongratulation mais ça n’en n’est pas, j’ai juste parfois du mal moi-même à retracer mon propre parcours dans l’ordre… de comment je suis partie d’une envie d’être Chef de produit Maroquinerie chez LVMH à ce que je fais actuellement.

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Pour ce premier numéro, bien sûr, je ne suis pas à 100% satisfaite, forcément. Mais pas d’autoflagellation veine. On va dire que je suis de plus en plus impatiente de transformer le média, même si c’est toute une machine que je dois à la fois modifier de l’intérieur et repenser de l’extérieur. Et puis, je suis aussi confrontée aux habitudes prises à Paris, notamment pour ce qui est des photoshoots.

Faut savoir qu’à Paris, lorsque j’avais une séance-photo à organiser, j’avais non seulement la possibilité d’avoir un(e) styliste qui se chargeait de l’ensemble des looks (et du coup, je pouvais me concentrer sur la production ou les interviews) ou si je comptais gérer le stylisme moi-même, je pouvais me rendre dans des agences de communication qui représentaient plusieurs marques et prêtaient des vêtements/accessoires. Hé bien ma foi, aujourd’hui je me rends compte de l’utilité de ces bureaux de presse. Parce que bien sûr, ça n’existe pas en Afrique francophone ce genre de choses et pour des raisons évidentes: l’écosystème de la mode et de la presse mode n’est pas (assez) développé.

Si on sort de la mode, même la publicité n’a pas suffi à créer une demande à ce niveau. Pour preuve, les agences de pub doivent aller faire coudre des tenues sur mesure le plus souvent lorsqu’ils ont un tournage ou dépendre des créateurs (avec tout ce que cela comporte de problèmes au niveau des tailles ou de la variété des design). Et je ne parle pas des personnalités qu’il faut habiller pour une soirée de gala ou les artistes dont on doit payer l’intégralité des vêtements pour un clip.. bref, il faut faire avec ou dans ce cas précis, apprendre à faire sans. Cela aura au moins le mérite de me pousser à sortir de mes habitudes de travail dans ce domaine et me faire réfléchir à de nouveaux stratagèmes. Pour ce numéro, j’ai eu à m’appuyer sur deux boutiques de prêt-à-porter haut de gamme d’Abidjan, et je les remercie d’ailleurs pour leur compréhension, vu les délais que je leur ai imposé.

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A part ça, concernant Josey.. mon intention globale au niveau de la D.A. était de la rendre méconnaissable. Ou du moins, la sortir de son look habituel qui est très casual et nappy. Je suis contente qu’elle se soit montrée très enthousiaste et qu’elle ait accepté de relever le défi. A titre personnel, j’aurais souhaité encore quelques modifications dans son shoot, j’aurais aimé avoir plus de looks/d’options… mais quand on est un mensuel, on est tenu par des impératifs de temps incroyables qui font qu’on doit parfois laisser passer certaines petites choses. Les aléas du métier. C’est d’ailleurs là un des ajustements que j’ai dû faire. Passer de la gestion d’un bimestriel à un mensuel, c’est clairement un changement de rythme auquel il faut s’adapter très rapidement.

Et enfin, la couverture est très rose. On va peut-être croire que j’ai fait exprès de choisir cette couleur pour annoncer l’arrivée d’une femme à la rédaction en chef lol. Ce n’était pas intentionnel mais finalement, c’est très bien comme ça.

Dans mon viseur désormais, le numéro de décembre…et celui de janvier 2016. Aussi, une réflexion sur la numérisation des anciens numéros, distribuer le magazine auprès de la diaspora (notamment parisienne/française), les activations digitales, les 10 ans du mag l’année prochaine, les focus group Lecteurs qu’on prépare, le push sur le contenu original (notamment vidéo), les événements brandés… en somme, j’ai du boulot, BEAUCOUP de boulot.

Mais ça, vous le saviez déjà je suppose :)