Dans le flow.

Il y a 10 ans, les mois de juillet pour moi, ça représentait le paradis, les voyages, plus de temps avec mes parents.. Aujourd’hui, jour quelconque du mois de juillet 2016, je regarde par la fenêtre de mon bureau, il fait gris (saison de pluies oblige), j’ai du mal à garder les yeux ouverts tellement je suis épuisée physiquement. Cette sensation ne me quitte pas depuis des mois, mais elle s’accentue depuis quelques semaines. Que je dorme 1h ou 10h, que je me shoote aux vitamines et autres poudres à base d’herbe, je suis fatiguée, c’est une constante.

En bon robot, je me lève, je vais bosser, je rentre, je bosse (sur autre chose), je me couche.. Je me re-lève, je vais bosser… Entre les deux, le week-end de préférence, je sors. Mais même les clubs m’ennuient terriblement, je leur préfère les ambiances détendues au domicile d’un particulier. Je dois me rendre à l’évidence: j’ai désormais la vie d’une cadre d’entreprise. Je le suis sur le papier, mais je pensais que dans la réalité, j’allais parvenir à garder une certaine forme d’indépendance quant à mon planning hors-boulot… Et en fait, je me trompais.

Cela va faire deux ans que je suis à Abidjan et peut-être que, comme dans une relation de couple, je suis en train de sortir de la phase « lune de miel » du début pour entrer dans la moins drôle… celle de la routine. Je me suis tellement imposée un rythme et une productivité spécifique pour atteindre les objectifs fixés que forcément, fallait que je devienne un peu un « automate » pour être dans les temps. Dis comme ça, j’ai l’air d’avoir une vie borderline chiante ou pas très fun.. Ce serait terriblement capricieux de dire que ça l’est, j’ai des avantages. Beaucoup, même. Je m’en rends compte autour de moi quand je vois ce à quoi j’ai accès (et le nombre de gens qui n’ont même pas accès au tiers de cela). Et je suis très reconnaissante de ce que j’ai déjà. Juste que bon, par moment, j’aimerais mettre pause sur mes nouvelles réalités professionnelles et réveiller un peu la part créative de mon cerveau, qui tend parfois à s’endormir devant des trucs aussi sympas que les « process », les « bons de commande », les « progress », les « factures normalisées » et tous ces autres noms barbares.

Quoi qu’il en soit, j’ai donc commencé un Podcast: « Le Flow« . Et rien qu’à cause de cette sensation de confort que je ressens quand je suis en studio, rien que parce que j’ai l’impression de faire un truc simplement par passion et sans obligation de rentabilité (dans l’immédiat), je suis bien ravie de m’être lancée. Discuter musique, lifestyle et Afrique avec mes titres favoris en fond sonore (et en parler avec quelqu’un de cool), c’est quasi thérapeuthique pour moi à ce stade. Alors bien sûr, ma tendance au perfectionnisme me fait préparer les podcasts une semaine à l’avance, à garder l’ingénieur-son jusqu’aux aurores en studio parce que je veux que le mix soit fait sur place, que je passe des heures à réécouter et à trouver ce qui ne va pas et ne me focaliser que sur ça.. mais même là, j’apprends à laisser passer certaines imperfections pour me détacher de mes habits professionnels. C’est pas encore parfait parfait parfait comme je le souhaite, mais pour un premier épisode, je crois qu’on n’a pas trop mal démarré.

Du coup, vous me verrez peut-être moins ici mais en même temps, ce n’est pas comme si je l’actualise tellement ce site, ces derniers temps..n’est-ce pas ? Lol. Allez. On va considérer que Le Flow est une forme de blogging sonore/audio.

Vous pouvez écouter le Podcast plus bas ou sur Soundcloud en cliquant ici.