Vous le savez (ou pas), je milite fort depuis des années pour le rap féminin. Et en la matière, on peut dire que 2018 aura été particulièrement prolifique… du moins, aux US, qui reste la Mecque et le baromètre de la culture Hip Hop, quoi qu’on en dise. Derrière les scores réalisés par Belcalis aKa Cardi B, c’est tout une floppée de nouvelles venues qui ont su se faire voir et entendre : Rico Nasty, Saweetie, Tierra Whack, le quator des dolls avec (ma favorite) Kash Doll, Asian Doll, Cuban Doll et Dream Doll mais aussi le duo City Girls, Molly Brazzy, Megan The Stallion et à un niveau un plus confidentiel/hype, BbyMutha, Cupcakke et (ma chouchou) Malibu Miitch.

Suivant la scène depuis un bout, je dois dire que ça faisait un moment qu’on n’avait pas eu un tel bouillonnement de rappeuses underground.. avec une volonté assez perceptible des médias grand public de les mettre (un peu plus) en avant, même si ça se fait parfois de manière discutable. On a même failli avoir une tournée avec 3 rappeuses (Iggy Azalea, Cupcakke et Megan The Stallion) mais malheureusement, le projet est mort-né.

L’année 2019 s’annonce donc plutôt radieuse, avec de nombreuses mixtapes/albums en préparation. Mais ! Puisque la Terre ne tourne pas autour de l’Amérique, j’avais envie de faire un petit post sur 4 autres rappeuses (non-américaines) que je vais suivre cette année. On y va !

  • Raja Kumari (USA/Inde)

Je vous vois venir, « Mais tu as dit non-américaine »… Oui mais Raja est indo-américaine ! Lol. D’ailleurs, à vrai dire, elle tourne quasiment plus en Inde qu’aux USA, même si elle reconnaît sans détour que sa culture Rap s’est faite en écoutant (notamment) Lauryn Hill. Comment l’ai-je découverte ? Hé bien, il se trouve que je creuse un peu dans la Pop Culture indienne (et donc la musique urbaine en Inde) depuis quelques semaines, et je me suis surprise à aimer pas mal de titres. Une chose en entraînant une autre, et avec l’aide du tout puissant algorithme Youtube, je suis donc tombée sur Raja et son morceau « Shook ». La chanson porte d’ailleurs très bien son titre, tellement le clip m’a fait KIFFER !

Par ailleurs, je suis devenue ultra fan après cette courte vidéo sur son compte Instagram.

Elle a l’attitude, le look, le flow et mixe bien les deux cultures (US et Inde). La commission valide !

PS : je préfère le dire avant que quelqu’un ne le fasse.. NON, elle ne copie pas M.I.A., merci.

  • Fefe Blanco (Nigeria)

Parlant d’attitude et de vidéo Instagram justement, une autre qui a su capter mon attention c’est Fefe Blanco ! Cette jeune nigériane s’est retrouvée sous mon radar alors que je descendais mon fil d’actualité, grâce à cette vidéo. Je suis tout de suite allée sur sa chaîne Youtube pour regarder et écouter ses précédentes sorties. Pour être tout à fait franche, j’ai besoin d’écouter un projet entier de sa part avant de me déclarer « Fan », mais une chose est sûre : elle a du charisme et une présence que je n’avais pas vu dans le (titubant) rap game féminin au Nigeria depuis Tesh Carter (ou Cynthia Morgan, dans un autre registre). Fefe a fait la 1ère partie du grand concert de Davido le mois dernier, a attiré l’attention de Don Jazzy et son single « Copy That » connaît un buzz croissant sur les internets. J’attends donc vivement la sortie du clip.

  • Le Juiice (France)

Le machisme dans le rap féminin en France… Un sujet sur lequel on a déjà épuisé tous les théorèmes. 2018 aura été (pour moi) marqué par la disparition (puis le retour tonitruant) de Shay, la montée en puissance de Chilla et la signature chez Sony de Moon’A. Au milieu de tout ça, deux jeunes femmes qui démarrent m’ont interpellée : Leys et surtout Le Juiice. Originaire de Côte d’Ivoire et vivant en région parisienne, cette jeune rappeuse est un vrai talent brut qui s’essaie sur une pente encore glissante pour beaucoup de ses consoeurs: la Trap. Elle le fait de manière décomplexée et reprend les codes américains sans pour autant lésiner sur la technique. Son passage dans Le Cercle de Sofiane, puis son freestyle « My Way » (« C’est pas du Twerk, c’est du Mapouka ») ont fini de me convaincre.

Comme on dit dans le jargon, « je la valide FORT » ! Clairement un de mes espoirs musicaux pour 2019, toute catégorie confondue. J’espère seulement qu’on (vous voyez qui j’inclus dans le « On ») lui laissera sa chance, on a vu des rappeurs bien moins doués qu’elle gagner en exposition médiatique sur le même créneau et ce, sans justification particulière.

  • Saramée (Canada)

La dernière dans ma liste, je l’ai découverte lors d’une interview qu’elle a réalisé pendant son séjour au Sénégal, son pays d’origine. Basée à Montréal, Saramée a déjà sorti 3 projets dont un album, et a quelques collaborations à son actif. Elle a fait un remix en français de « I’m Better » de Missy Elliott mais  j’ai véritablement accroché avec son morceau « Tous ». Sans parler du clip !

 

Le contraste entre le beat, la voix grave, le ton agressif, ses airs de mannequin (elle a posé pour Sephora Canada l’an dernier), sa jolie robe bleue et les motards… Ça donne un résultat assez décalé qui me plaît bien ! Entre temps, il semblerait que Saramée ait un peu changé sa direction artistique, en laissant le Rap de côté pour s’essayer aux sonorités afro dansantes (Y’all know how much i hate when rappers do that even though i understand that’s their best shot at going mainstream). Est-ce qu’elle repassera de l’autre côté de la force ? À voir.

Voilà ! Si vous avez d’autres noms à me soumettre, n’hésitez pas, ma curiosité vous en remercie d’avance 😉

PS : je pense que cet article aurait été plus sympa en vidéo, non ? Ma carrière de Youtubeuse démarre dans 3, 2, 1… 😀